Quand bien même j'ai signé l'appel du
No Sarkozy Day , un mouvement apolitique qui a pris naissance sur facebook, inspiré du "no berlusconi day"
italien, et qui s'attaque directement à une tête, la tête, celle de notre pays, et ce qu'elle a fini par symboliser , je rêve d'un autre No Sarkozy Day :
Premier constat :
Il ne se passe pas une seule journée sans qu'une information, une vidéo, un lien, une photo, une citation ne soit diffusée (dans la presse, à la télévision, sur le net, dans un
forum de discussion, dans un site communautaire type facebook et twitter ) et même partagée, dans une discussion (entre deux citoyens, au téléphone, sur msn, ou de visu), au sujet de Monsieur
Nicolas Sarkozy, en tant que président de la République, homme politique, personnalité médiatique ou simple personne.
Deuxième constat :
L'omniprésence de Monsieur Sarkozy dans toute forme de discours, qu'il soit à caractère informatif ou satirique, est, selon moi, ce qui contribue à l'exercice de son pouvoir.
J'entends par là que son existence, ses faits et gestes, et l'exercice de sa fonction comme de sa façon d'être, qu'ils soient applaudis ou dénoncés, envahissent autant le milieu de la presse
(qu'elle soit à scandale, d'opinion, ou jugée "neutre") que le quotidien d'un peuple de citoyens.
Somme toute, Monsieur Sarkozy existe parce que les français que nous sommes le font exister, et ce, dans toutes les degrés de commentaires possibles. L'énergie déployée dans
l'action de démasquer ses incompétences, son inculture, son despotisme, et plus généralement son inaptitude à représenter notre pays (comme son talent à bafouer les valeurs républicaines),
contribue à pérenniser sa présence non seulement sur la scène politique, mais dans le quotidien, la réflexion et l'esprit des français.
Troisième constat :
Manifester, clamer son opposition, dire non, c'est entretenir l'existence de deux pôles : les pro et les anti. Sans esclave, un maître n'existe pas. Sans norme, l'anormal
n'existe pas. Un gourou sans fidèles non plus. Un président sans peuple non-plus. Lui dire non, c'est encore s'adresser à lui, le considérer, et lui donner une importance qu'il ne mérite pas. Si
nous sommes un nombre assez conséquent de personnes qui pense qu'il ne mérite pas sa place de président, alors en tant que citoyens, nous sommes en droit de le contester. L'humour, la satire, la
parodie et la dérision constituent un premier pas vers la déstabilisation de l'exercice et de l'agissement de Monsieur le Président. L'ignorance la plus totale en est le second, et selon moi, le
plus dévastateur. Nier ses agissements au quotidien, ce n'est ni de la désinformation, ni de la résignation, c'est ôter à Monsieur Sarkozy une partie de son pouvoir, et sortir de la soumission
qu'il exerce sur nous par son omniprésence.
Proposition :
Nicolas Sarkozy réclamait de la transparence, hé bien rendons le transparent, insignifiant, obsolète, inutile, inexistant !
Lors d'un sondage d'opinion par exemple, appliquons-nous à dire que l'on ne connaît pas l'existence de ce monsieur, ne le citons plus en exemple pour illustrer quoi que ce
soit, ne diffusons plus son image, son discours, ne rendons plus acte de ses agissements, ne transmettons plus des liens visant à alimenter une quelconque image de lui. Taisons nous, MAIS parlons
plutôt du monde politique, en l'excluant de celui-ci. Continuons à nous opposer aux lois que nous jugeons injustes, aux décisions du pouvoir en place que nous trouvons anti-démocratiques.
Et faisons de ce No Sarkozy Day un véritable jour sans Nicolas Sarkozy.
Par Lilioutchka
Jeudi 4 mars 2010
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